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Sorti en 2006, réalisé par Philippe Parreno et Douglas Gordon, et d’une durée de 94 minutes, ce film documentaire se déroule durant un match opposant le Villareal et le Real Madrid le 23 avril 2005, au stade du Real Madrid. La durée du film a été écourtée du fait de son expulsion à la fin de ce match.

Les réalisateurs Philippe Parrero et Douglas Gordon, ont eu avant ce film une filmographie. En effet, ils ont tourné d’autres films comme Je m’appelle HmmmLe Pont du Trieur ou encore Rebel. Le film est projeté en Sélection officielle hors compétition au 59e Festival de Cannes. Les réalisateurs de Zidane, un portrait du XXIème siècle sont deux artistes contemporains réputés internationalement. Le français Philippe Parreno a récemment fait l'objet d'une retrospective au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris et prépare actuellement une prochaine exposition au célèbre musée Guggenheim de New York. Quant à l'artiste écossais Douglas Gordon, il exposé dans de nombreuses galeries prestigieuses allant de la Tate de Londres au Musée d'Art Moderne de New York.

Dans ce documentaire présenté hors compétition, le projet des plasticiens Philippe Parreno et Douglas Gordon est de fixer les yeux sur un homme plutôt que sur le ballon.

Zidane, un portrait du XXIème siècle a été tourné au stade Santiago Bernabeu durant un match de championnat de la Liga espagnole. Ce jour-là, les Madrilènes l'ont emporté 2 buts à 1. Zinedine Zidane n'a toutefois pas trouvé le chemin des filets laissant ses co-équipiers Ronaldo et Michel Salgado marquer les deux buts victorieux. Un portrait spectaculaire, magique, en temps réel et en action de Zinédine Zidane donnant au spectateur le sentiment d'être placé sur le terrain aux côtés du joueur. Ce film colle aux crampons de la star du ballon rond durant l'intégralité de la rencontre, grâce à dix-sept caméras haute-définition capturant ses moindres faits et gestes.

Dix-sept caméras synchronisées, mêlant le 35mm à la haute définition, ont été braquées sur Zinedine Zidane lors du match de championnat du Real Madrid contre Villarreal. Sur un angle de 360 degrés et dans une ambiance sonore restituant l'environnement de la foule, le spectateur suit en temps réel les moindres faits et gestes du champion français, comme s'il se trouvait à ses côtés. Qu'il n'ait pas le ballon, qu'il effectue un beau geste technique ou adresse une passe décisive à Ronaldo, les caméras suivent l'évolution de Zidane sur le terrain et plongent au coeur des sensations d'un footballeur de haut niveau en pleine action...

Les caméras sont braquées sur Zinédine Zidane. Voit-on mieux le match ? Non, beaucoup moins bien. Mais le projet des plasticiens Philippe Parreno et Douglas Gordon est de fixer les yeux sur un homme plutôt que sur le ballon. De la superstar du football français, on ne peut donc apprécier les intuitions, le génie tactique, la clairvoyance du jeu puisque ce qui l'entoure, par conséquent les options qui s'offrent à lui, reste hors champ. Même si les caméras traquent la subjectivité du joueur, les gros plans sont si rapprochés que nous ne voyons pas le match de son point de vue, juste ce qui l'entoure, dans un halo. Nous sommes invités à imaginer ses sensations, son imaginaire.

Documentaire sur les gestes (discontinus), le visage (impénétrable, hormis quelques dodelinements de tête contre l'arbitre et un échange de sourires avec Roberto Carlos), les foulées, les jambes, les pieds, les chocs physiques, la technique, la concentration d'un animal aux aguets, prêt à bondir comme un fauve, Zidane est parfois sous-titré de commentaires du modèle, et accompagné d'une bande sonore omniprésente, bruits du stade avec poussées de bruits de foule, partition rock du groupe Mogwai.

L'intention des auteurs est de proposer un portrait en mouvement, quelque chose qui ressemble autant à une oeuvre d'art contemporain qu'à l'examen d'une bête de spectacle au microscope, pour fans de foot. Jules-Etienne Marey avait déjà décomposé un mouvement sportif au temps de la préhistoire du cinéma, et Télé-Foot nous a déjà montré des clips sur des dribbleurs au ralenti. A la fin du film, on n'en sait pas beaucoup plus sur Zidane, et on n'est pas certain d'avoir vu de la peinture. Plutôt un document sur l'impuissance, la course vaine, le travail ingrat. Une variation sur le blow up : plus on agrandit, plus on sonde la matière, plus le secret s'échappe.

Qui na pas rêvé de fouler la pelouse dans la peau de Zizou, le plus illustre joueur de football de la planète? De se glisser sous le célèbre maillot numéro 5 du Real Madrid? Les artistes contemporains, Douglas Gordon et Philippe Pareno, voulaient créer avec ce film un nouveau langage, une nouvelle manière de filmer le sport en braquant 17 caméras sur le meneur de jeu du Real Madrid. L'ambition était belle: se rapprocher de ce que peut vivre un athlète de haut niveau, comment ce dernier en une touche de balle, en une course, en un regard peut changer la face d'une rencontre. Pari fascinant sur le papier, le résultat s'avère finalement assez vain, comme si les deux réalisateurs, en différenciant enjeu esthétique et enjeu sportif avaient annihilé la dimension dramatique du football, le résumant à un obscur ballet désordonné. Et ennuyeux surtout, ce qui est plus dérangeant. Loin de l'ivresse que l'on peut vivre lors dun grand match de football, le film témoigne surtout de l'incapacité du cinéma à retranscrire un sport collectif, en se contentant d'enregistrer les efforts d'un héros donné. Malgré d'indéniables qualités formelles et l'utilisation parfois judicieuse de la musique du groupe Mogwaï, Zidane, un portrait du XXIè siècle est un essai non transformé.